Douleur de hanche chez une coureuse

Voici un petit cas clinique (ceux qui était présent merci de ne pas lâcher la réponse) :

Il s’agit d’une patiente de 31 ans que je vois de manière occasionnelle au cabinet, principalement pour des cervicalgies dans un contexte professionnel mêlant contraintes ergonomiques et facteurs relationnels. Elle a également présenté des lombalgies au cours de sa grossesse. Elle a accouché à 31 SA en avril 2024.

Sur le plan de l’activité physique, elle pratiquait auparavant le crossfit, mais a réorienté sa pratique vers la course à pied, notamment en raison de contraintes familiales. Elle s’est fixé comme objectif de participer au Semi-marathon de Lausanne.

Une première consultation pour la hanche a lieu mi-juin 2025. Elle consulte alors pour une douleur de hanche gauche évoluant depuis environ trois semaines, dans un contexte de reprise et d’augmentation de la course à pied. L’évaluation met en évidence une hypertonie du moyen fessier gauche. La prise en charge repose sur un travail de mobilité, un traitement des trigger points (ou comme bon vous semble d’appeler ses trucs), ainsi que la mise en place d’exercices de renforcement ciblés sur les hanches et le tronc. Des conseils de planification de l’entraînement sont également donnés, en s’appuyant notamment sur les recommandations de La Clinique du Coureur (programme disponible sur leur site).

Lors d’une consultation de suivi fin juillet 2025, l’évolution est favorable. La patiente rapporte une nette amélioration et a pu reprendre la course jusqu’à 10 km sans douleur ni gêne. Elle continue les exercice de renforcement proposé. Aucun suivi supplémentaire.

Elle reconsulte en urgence fin septembre 2025 pour une douleur aiguë de la hanche droite, région inguinale, irradiant à la fois vers la face antérieure et postérieure de la cuisse.

À l’anamnèse, elle rapporte avoir effectué une course de 7 km trois jours auparavant sans difficulté particulière. Lors de l’entraînement suivant (hier soir), une douleur inguinale droite était déjà légèrement présente avant le départ. Cette douleur s’est rapidement majorée au cours de l’effort, sans pour autant l’amener à interrompre la séance (pas le choix de continuer, elle court en groupe).

La douleur persiste et s’est progressivement intensifiée. Elle est évaluée à 8/10 au réveil le jour de la consultation. Sur le plan fonctionnel, la marche reste possible, mais les premiers pas sont particulièrement douloureux (environ 8/10), avec une diminution secondaire de la douleur autour de 3/10 après quelques pas.

Quelle serait votre attitude ?

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Haaaaa enfin un cas clinique ici …:grinning_face_with_smiling_eyes:

j’ai pas lu d’info sur sa profession ou des changements récents dans son contexte pro ou privé (QSM et QSE) … quelque chose de notable à signaler ?

Fatigue ? sommeil ? EG ?

Que donne l’examen neuro ?

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J’ajouterai aussi ceci aux questions de Mathieu: Outre la marche, qu’est-ce qui module la douleur? As-tu pu la reproduire différemment (palpation comprise)? As-tu fait un examen clinique de la hanche (articulaire) et de l’aine (en plus du neuro, hernie inguinale?). Vu qu’elle a mal le matin, y a t’il un horaire particulier (nuit, inflammatoire, réveil?)

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Éléments notables à signaler ? Rien, elle est secrétaire dans un garage. Elle gère plusieurs tâches différentes, le cahier des charges n’est pas toujours très clair mais elle a l’habitude. Elle évolue plutôt dans un monde d’homme mais elle sait se défendre, pas de débordement.

Volume d’entrainement plutôt bien respecter et suit les autres membres du groupe de course. Niveau assez homogène. Ne suit pas le programme que j’ai proposé à la lettre, elle adapte en fonction du temps à dispo.

Fatigue ? sommeil ? Sa petite dort relativement bien et se dévellope bien. Elle a du soutient de sa famille et de sa belle-famille.

EG ? RAS.

Que donne l’examen neuro ? DN4 : 0 → j’ai pas fait d’examen neuro. En précisant la douleur c’est des douleurs qui diffusent à la face antérieure et postérieure de la cuisse. Le point départ est l’aine.

Lors de la consultation, on était dans l’aigu …

Elle n’a pas bien dormi

Elle est arrivée avec une boîterie. Elle se tenait majoritairement sous sa jambe gauche lors de l’observation.

En DD, la mobilité passive de hanche était correcte mais sensible. La mobilité active de la hanche était possible mais sensible aussi. Aucun résister musculaire ne reproduisent à la douleur.

Test d’Anvil : -

FADIR : sensible

FADIR + Compression : +

FABER : réalisation limitée par la douleur, protection des add.

J’avoue ne pas avoir pensé aux hernie sur le moment.

Comment gérez-vous la suite et pourquoi ?

Est-ce que la mise en charge simple (au pdc (poids du corps)) est douloureuse ?
Je trouve personnellement le Anvil un peu léger si réalisé en DD, j’ai tendance à chercher davantage la provocation de la douleur (si possible) avec la mise sur pointe des pieds puis frapper les talons au sol ou alors le hop test si tolérable.

Horaire de la douleur ? Si fond douloureux constant ?

Ok Elle suit l’entrainement du groupe mais pour la gestion de la récupération et des facteurs influençant la récup ça donne quoi ?

Plus large : habitudes alimentaires ? lien avec le cycle ?
recherche de facteur de fragilité osseuse…

As tu réalisé un PPPT au diapason ?

Ça me fait penser à ça maintenant que tu dis qu’elle prépare un semi, qu’elle suit pas tes recommandation et @MattGla évoque aussi la fragilité osseuse.

En plus des questions déjà posées:

A t’elle des ATCD particuliers, ou prend-elle (ou a t’elle) pris des traitements particuliers?

Concernant la gestion de la suite de la consultation, ça dépendra un peu de tes réponses. Mais, à priori, une patiente avec une douleur aiguë, qui semble articulaire, ya de grande chance que je délègue. Mais je ne sais pas encore pour quel motif exact.