Voici quelques notes que j’ai fait à la suite de l’écoute des 3 vidéos avec ce que j’en ai retenu.
Il y a pas mal d’infos et de nuances sur la remise en contexte des tests cliniques: sont-ils faits en lien avec un motif, est-ce une première intention, a-t-on exclu d’autres diagnostics avant, etc. - c’est intéressant d’avoir ça en tête quand on parle d’examen clinique et de tests.
Le top 5 des sources nociceptives les plus probables dans une lombalgie:
- Le disque (40-55% des lombalgies en première intention);
- Les facette articulaires (15-30% et augmente si chronicité);
- La sacro-iliaque (7-10% en première intention, jusqu’à 25% en population chronique);
- La racine nerveuse;
- La hanche.
Pour en revenir au principe discuté: la soustraction. En excluant ce qu’il n’y a pas, on augmente la probabilité des catégories restantes et donc des tests cliniques (ou imagerie) correspondants.
Douleurs de disque – deux sous-groupes
Le profil mécanique (40-45%): préférence directionnelle positive (RV+ 7.65). Probabilité post-test ~87%.
Le profil inflammatoire (5-10%): signes de Modic à l’IRM (RV+ 10 pour type 1). Dérouillage matinal >30min, réveils nocturnes, tout traitement mécanique fait flamber.
Point surprenant que je retiens: ces deux profils ne se croisent quasiment jamais.
Le raisonnement probabiliste
Le test seul ne vaut rien, c’est test × prévalence dans la population qui compte. Les tests sacro-iliaques de Laslett passent de 28% (de but en blanc) à ~70% quand on a d’abord exclu préférence directionnelle, Modic, radiculopathies et problèmes de hanche.
« En cardiologie, jamais un interne ne dirait poitralgie non spécifique. En lombalgie, on le fait tous les jours. »
La sacro-iliaque en détail
6 tests de Laslett: distraction, compression, thigh thrust, Gaenslen (×2), sacral thrust. 3/6 positifs = significatif.
L’intensité est cruciale: Laslett pousse 40-80 kg. Les études de réplications qui échouent n’appuyaient pas assez fort.
La douleur SI projette dans toute la jambe, pas seulement la fesse.
Les patients SI ont plus de détresse psy — à cause de l’errance diagnostique, pas de la SI elle-même.
5 phénotypes: traumatique, sur-utilisation, dégénératif, post-accouchement, SPA (penser spondylarthropathie si pas de cause apparente).
Les facettes c’est l’angle mort: pas de bons tests validés en lombaire. Le traitement conservateur ne marche pas bien. La radiologie interventionnelle (bloc, neurotomie) donne des résultats « on/off » quand c’est bien ciblé.
Ce que ça change pour la pratique clinique
- Arrêter avec la « lombalgie non spécifique » → il faut spécifier
- Séquence d’exclusion: préférence directionnelle → Modic → tests sacro-iliaques → examen neuro → hanche → facettes
- « Les gens n’ont pas peur de bouger, ils ont peur d’avoir mal. » (Rémy Olier)